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Un regard de brume suspendu à la tombée de ses yeux
elle dévisage l’horizon comme on fixe le vide
 
percée-pénétrée-absorbée par le soleil
 
jusqu’à la grande lumière
une buée qui s’évapore
tout à l’envers de la nuit
 
 
 

Échouerie

 

 

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:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
 
 
Tel un convoi de vagues
engouffré dans tes brèches
 
de fond en fond
de toute évidence
 
comme un vieux rafiot
tu prends l’eau

 

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

 
 
De partout partout
montante
une marée
haute haute
 
elle te farfouille le corps
comme elle te farfouille l’âme
 
 
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
 
 
Il y avait ces interstices
cette vastitude en toi
toute la place
 
de l’intérieur
tu es infiltré

 

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
 
 
Rame de sable
chemin de galets
 
et toi
grave
qui dérailles
sur la grève
 
 
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
 

 Échouerie

 
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
 
 
 
 

Embrasement

 

 

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Les mains au feu

tu supportes tes doutes

tu tiens tes certitudes

 

tout entier

dans l’embrasement

à te brûler

à la lumière

 

tu te reflètes la réalité

 

 

Éphémère

 

 

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Éphémère

passagère

coup de vent

coup de temps

morte

hier

toujours

demain

 

émeraude

comme rivière

une pierre

sur son trépas

 

 

Perpétuel combat

 

 

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Projetée 

dans l’invisible

je m’affronte

je me percute

 

perpétuel combat

 

durement sonnée

 

contre plus fort que soi

rien d’autre

que d’y voir

des étoiles

dans le noir

 

long_temps le sait

 

en revanche

peur de rien

 

je braverais toutes tes caresses

quitte à me mourir

à me mourir d’amour entre tes bras

 
 
 
 

La grande évasion

 

 

 

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Être d’eau et me déferler

prendre toute la fuite

et m’évader avec une île

jusqu’aux confins des grands naufrages

ensemble nous dérober

 

et nous défaire à la tombée des jours

et nous refaire à la levée des nuits

à boire la mer

de tout notre soûl

à démesure

 

et les remplir de ce qui n’existe pas

et les libérer de tout leur poids

nos bouteilles      v   i   d   e   s

d’un trait 

jetées au grand large

 

et comme  deux  seules au monde

être l’une                    être l’autre

hors du temps         à nous sauver

dans la plus  grande  des évasions

nous estomper           nous couler

 

 

Veilleuse

 

 

Petite histoire - Copie

 

 

J’écris un coup d’automne
qui écarquille
les blanches nuits
 
sur l’ombre en voile
un soleil me pousse
dans le noir
 
les yeux ronds
au regard dénudé
je me conte une lumière
 
 
 

Renversée

 

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Sur toi
me renverser
de tous mes sens
 
t’entendre
de mes yeux
comme je t’ai vu
de mes yeux vu
te sentir
de ma bouche bée
toucher
tes souffles
inspirer
ta chaleur
du bout de mes doigts
goûter
à la rêverie
 
de tous mes sens
renversée
par toi
 
 
 

Chemin de traverse

 

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De long en large

à arpenter le vide

le hasard se fait patience

espérant un rendez-vous

dans cet espace que nous sommes

 

au risque qu’il se perde

ou que jamais il nous rejoigne

n’y allons pas par quatre chemins

balisons-lui celui-là de traverse

pour que

sans détour

hier lui arrive comme un demain

 

 

 

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Comme la caresse d’un pont couvert

sur les flancs des champs d’orge et de blé

sur la chute des reins d’une eau si vive

rivière-moi

prose-toi sur moi

 

la peau fraîche comme l’herbe dentelle

sur chacun de mes frissons

sentir ton poème se couler en moi

devenir ton affluent

 

pour un petit brin de rêve

 

Instants bleu rare

 

 

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Pendant

que des êtres

que des heures

tombent à l’eau

la nuit s’écrit

dans les horloges

 

entre les vagues cafardeuses d’un fleuve à la dérive

lorsque se retourne le vent mauvais

la lune entière repêche les apparences déroutées

dans leur folle quête d’instants bleu rare

 

 

 

Une semence

 

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Sous le joug de l’ironie du sort

c’est une mine de rien

c’est une terre en jachère

le commencement ou une fin

c’est une semence déroutée hors du fertile sillon

à fleurir tous les vents d’une souvenance féconde

 

au milieu des mortes pierres

des pousses d’automne

encore s’y fraient le passage

entre l’hiver et un printemps

les heures migratoires labourent le destin

 

 

 

 

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Lourd      lourd     sur tes épaules

le petit baluchon surchargé de tes gros secrets

le cœur émietté trop difficile à recoller

l’épine quasi ôtée

les pieds dans le vide

tu t’es assise sur le rebord du crépuscule

sans même crier gare

tu as laissé la tombée te pousser

dans l’orange rose du ciel qui t’a cueillie

toi qui voulais juste enfin un peu rêver 

finalement                          finalement

 

 

Jardin de lumière

 

 

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C’est dans un jardin de lumière

qu’elle a perdu ses yeux 

 

ce soir

au chant des grillons

sans le moindre vent

sans le moindre regard

encore

elle rassemble les étoiles

elle revoit les images

toujours

les mots

les mots tout au bord de ses lèvres

 

 

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Quand la nature poignarde la vie

harcelle un peuple

plus que de raison éprouvé

encore

l’abat dans toute sa fragile fragilité

que tout tremble sans arrêt

par en dedans bien plus que par en dehors

que tout ravive la peur et la souffrance

que tout secoue sans cesse

ce qui reste d’espérance et d’espoir

avec peine

avec lucidité

tout me donne encore à très fort penser

qu’il est de la terre un bien meilleur côté

celui sur lequel moi je suis née

qu’il est bien pires heures

que celles qui affligent mon tout petit être

qu’il est bien pires secousses

que celles qui affectent mon tout petit être

qu’il est bien pires combats

que ceux que mènent mon tout petit être

qu’il est bien plus grand courage

que celui même pris à deux mains par mon tout petit être

qu’il est bien plus de bravoure et d’endurance

que celles mises en lumière par mon tout petit être

 

mais mon tout petit être vous porte tous en son cœur

vous qui

bien que trop malmenés et meurtris

affrontez droit debout

votre catastrophique et funeste réalité

 

et en pensant à l’autre côté de la terre

j’ai si mal à la vie

moi

si tout petit être…

 

 

Ne tuons pas…

 

 

 

 

 

Autour du monde

tout flambe

l’univers s’effondre

 

tout peut être

pourtant

rien ne va plus

 

de jets d’huile

en feux de peine

souffrir puis mourir

 

à sa limite

l’inconscience carbonise la conscience

décharge le poids de ce crime sur elle

 

et nous

à risquer

une sentence exemplaire

 

le temps seul nous jugera

 

le présent nous allume

que notre avenir se souvienne

 

j’ai trop mal à la terre…

 

 

Une danse

 

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Longtemps avant le soleil

dans le coton de ma nuit blanche

j’irai cueillir l’aube et son petit matin

offrande fraîche mariée à mon effluve

je m’inviterai pour une danse

sur la pointe des pieds

il sera le presque jour et sa diffuse lumière

et je serai l’amour valsant avec mon rêve

 

 

 

 

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Dans un moment de magie
une sublime apparition
instant merveilleux de merveille
 
tu as décoré mon antre
mis en lumière
les ombres de ma caverne
là où se consume l’attente
 
et moi
de jadis
et de braise
de tant
et de tellement
à t’avoir
dans le cœur
et dans la peau
 
et depuis de tout temps
comme il y a un toujours
que je t’aime
encore
de petits lampions
flottent 
en mes eaux intimes
 
ensemencée de tes braises
une ronde ardente
valse autour de moi
 
l’épiderme en flamme
ravivé par tes incendies
en moi demeure
 
le brasier
de tes empreintes
sans retenue 
à effleurer
du bout de moi
la nuit tombée
 
et ce soir
encore
comme un sans cesse
je suis tison
à être d’éternité
me revenant à toi
 
 

Tu trouveras…

 

 

 

Dans son courant ou à contre

la vie dans tous ses ébats

comme marée

basse   haute   raz

eaux agitées à nous em_porter

dans les marasmes

corps perdu

tête chercheuse

regard embrumé

égaré à son port

à espérer repérer cette mer d’huile

ce X sur une carte

pour y découvrir

son cœur tout en dessous

et ne pas chercher plus loin…

 

 

 

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De l’enfance à l’âge grand
au fil du temps
toujours
il sera
le jeu de marelle…
 
Un petit caillou par-ci
une petite pépite d’or par-là
des éclats de rire
des petites écorchures
des petits pansements
des petites larmes séchées
 
puis l’ultime montée
 
finalement
finalement
les petites cases bien alignées
une à une
elle les escaladera
clopin-clopant
peut-être
mais
le corps endimanché de douces souvenances
la peau de porcelaine décorée de petites craquelures
le sourire multiplié ondulant sur ses joues
la lumière d’un grand amour étoilant ses yeux mi-clos
les cheveux purifiés nageant dans le vent
le cou enjolivé de ses perles d’eau douce
la robe trop ample voyageant sur son corps frêle
les regrets et les mouchoirs humides tombés de sa poche
 
fière et résiliente
elle s’avancera
 
un dernier regard furtif derrière
à se dire
que jusqu’ici
il était beau ce chemin
 
son dernier souffle
son dernier pas
puis du bout de sa canne
elle le touchera
 
elle y sera
 
aux anges
 
désormais
 
redevenue vent
 
 
 

Laisser les vagues

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Soufflées de tous bords de tous côtés

larges

larges

les eaux dans la tourmente

 

un temps fou

même

à enfouir tous les phares

comme un sens dessus dessous

à n’y voir que le    r  i  e  n

 

le regard

même

à enfanter tous les embruns

que n’existent

que n’existent

encore

que l’absence et l’immensité

que le vide et le trop plein

 

que voilà

là qui va

par dessus-peine

un tout petit être

à la mer géante

 

les bras océaniques tendus 

la lune pleine penchée

la sentir

l’effleurer

la toucher

s’y cramponner

s’y réfugier

et laisser

 

laisser les vagues l’oublier

 

 

 

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Tout le long de mon âme

inaltérable

une onde s’éternise

 

berceau agité de mes petits galets

 

bordés de sable et d’horizon

à perte de vue

mes grains de peau à rosée

à se renaître l’empreinte de l’absence

 

de mon rivage

une vague lente retient l’échappée

 

mon océan
 

 

 

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Comme sans hasard

une aura s’était invitée

tel un ruban de satin noué autour de Nous

 

et fatalement dans l’air

de l’hélium ou des ailes peut-être

comme des ballons ou comme des anges

comme des fous

nous nous sommes envolés

 

toujours

c’était hier

encore

 

jamais plus 

je n’ai touché terre

le GÉANT insufflé en moi

m’aspire tout là-haut

 

Cadeau du ciel

 

 
 

Dans la chaleur intense au large de l’instant sans fin

mes doigts de braise taisent les flammes

 

quelques tisons fuguent et s’éteignent

 

il n’est que la pudeur pour écrire au fusain

sur une nuit bordant une promesse

 

 

 

Et sur l’herbe humide de rosée

un jour…

 
 
 

L’enfin

 

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N’être à quai qu’à prendre le large 

le corps et l’âme plongés dans les courants à rebours

tous azimuts

laisser les lames tout emporter

jusqu’à la ligne droite de la pleine lumière

que soit l’enfin 

et tout sera

 

 

 

Même tout petit bout de lune
entre les nuages 
délicatement accroché à mon horizon
c’est pourtant ainsi que tu me berces tant le rêve
 
Et si 
et si
au clair de Toi
j’écrivais un mot?
 
 
 
 

Tes baisers

 

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Au bord de mes lèvres
ce goût  
ce gouffre

tes baisers 
 
emportés
engloutis
évanouis 
 
rescapés
vivants
fortifiés

en mon abîme
 
 
 

Coup de grâce

 
 

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Pensées vagabondes
champ de bataille
tête en plein cœur
mon coup de grâce

 

à me faire violence
ma force me trahit
 

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Je vis longuement à m’en aller
 
à faire semblant de fuir
toujours
ce temps à me rattraper
 
juste là
loin derrière

 

Allô maman bobo

 

J’ai toujours des billes étoilées plein les poches de ma salopette
je marche encore sur les chaînes de trottoir sans tomber
je m’invente une marelle
ou un jeu de serpents et échelles
pour rejoindre le bleu de mon ciel
je fais de petites rimes pour mon grand poème
tout comme enfant
tu vois maman
j’ai la douce folie aquarelle
l’imagination me débordant le petit cœur
mais une fille comme moi
maman
c’est trop grand pour être petit
c’est trop petit pour être si grand
une fille comme moi 
maman
ça ne sait même pas stopper les rêves trop fous 
ni les bobos qui ne se voient même pas
 
Je suis faite comment maman?
 
 
 

Il fait vert
il fait lilas
il fait bleu
il fait gris
il fait pluie
il fait soleil
il fait fraîcheur
il fait chaleur

il fait l’herbe et la rosée
il fait le parfum et le bol d’air
il fait le chant et les oiseaux

il fait l’instant qui endimanche
il fait le beau et le printemps
il fait le grand et puis l’enfant

Et juste là
quand
au tout petit petit matin
par ma fenêtre
s’y glissent ces douceurs
comme caresses sur mon jour
comme petits bonheurs du moment
j’aime quand il fait mai
j’aime ces éclats au cœur de moi

À tout jamais

 

 
Enchaînée au mauvais côté d’une conscience
jamais Celle
toujours l’Autre
jamais plus qu’une peine
mais à jamais
mon inoubliable amour
à tout jamais
 
 

Poème inachevé

 
 
Les secousses m’habitent
j’ai l’âme hantée et ton fantôme entre mes bras
j’ai comme la lumière du ciel et la chaleur de l’enfer au cœur de moi
 
mais sans toi
sans toi
j’ai le rêve et le poème inachevés endormis dans l’ombre
 
 

 

Sanctuaire

 

Cachée dans une déchirure

comme dans un toujours enguirlandé de lumières

comme dans un jamais cloîtré en l’antre d’un sanctuaire

de toutes mes absences

un à un

je récite tous les silences

 

sur ce chemin de croix

sans un repère

sans une voix

la prière éraillée

je me signe

comme s’il pouvait

encore

être

pour un instant d’éternité

être

pour une infinie fois

être

pour une moi

 

Le grand amour élève et il crucifie
mais il demeure éternel

 

Harry Dicker – La vérité sur l’affaire Harry Quebert

 
 
 

 

 

Le ciel clignote
il s’allume
il s’éteint
il se grise
 
en trombe
du temps se déverse
 
je deviens floue
 
 
 
 
 

Le coeur sur la glace

 

Quelque part
entre le soleil et la lune
d’heure en leurre
des nues je tombe
 
la confiance éparpillée
les bleus au ciel
le cœur sur la glace
 
 
 

Mon ombre dans la tienne

Dans mes déserts immenses

d é f la g r a t i o n

comme un plus rien dehors

comme un tout plein dedans

inaltérables éclats de mémoire catapultés

ici                                                là-bas

                 p  a  r  t  o  u  t

espace gorgé de vie vidé de sens

encore

nos univers se parallèlent

dans ce quelque part perdu

sans jamais me trouver l’oubli

nos revenants toujours à s’y déambuler

mon ombre dans la tienne

Seul ensemble

 

 

 

 

Convalescents

une compresse sur la douleur

chacun

paralysé entre deux points de suspension

seulement

nous nous sommes interrompus

 

seul

ensemble

 

 

 

 

 

Le silence décomposé

 

 

 

D’un bout à l’autre

 

un désert

des étoiles

l’horizon

 

le silence décomposé

en tout

 

il est venu

comme arrive un départ

 

à perte de vue

 

 

 

 

Infinie infinitude

 

 

 

 

Divinement
jusqu’à l’inachèvement
peindre tout l’amour sur ta peau

 

 

 

 

 

 

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Tu me serais venu

attifé de ce que tu aurais tu

nu     silence 

dépouillé

ton regard

seul

sur moi

que tu

que je

que nous

que j’aurais fréquenté la démesure

que je connais démesurément

depuis

que nous

que tu

que je

de mes âmes

amoure

tes touts

tes néants

tes nudités

tes natures

tes ratures

tes peaux

tes êtres

tes entièretés

entièrement

ces géants de toi

en moi

 

en moi

 

la poussière

les marques

du temps

passé

 

hors toi

 

 

 

 

Il était une fois

un quelque part

des quelques-uns

loin loin de la vie de château…

 

Et un jour

des jours se sont suivis

des jours qui se ressemblaient…

 

Un à un

vos amours emportés

comme vos pierres 

vos peines

à bout de bras

sans mots

des cris

du cœur 

au ventre

vous avez enfanté l’Idéal Palais

et mes larmes grandes

sur chacun de vos pas

dans cette vie

à vous naître

la douce folie

de la tête aux mains

sur le fil du temps dur

pas la vie de château

mais jusqu’au bout du rêve

votre Château

Monsieur le Grand Facteur Ferdinand Cheval

ou l’histoire du solide roc

 

Entre ses bras

 

 

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    Un désordre l’ensemence

    dans ce champ de bataille

    elle se pousse

           

                 

    loin d’elle

           

                 

    elle se mine de rien

    mais rien ne meurt

    ni ton ombre entre ses bras

 

 

Tes lucioles

 

 

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Sur nos planches 

épinglée à des scènes susurrées

encombrée de moi

je ne me déprends pas

 

j’ai des rallonges dans le regard

 

en coulisse

tu clignotes

 

au passage

je cueille tes lucioles

 

je m’invente dans ta lumière

et je verse ma couleur dans tes yeux

 

 

11 heures 11

 

 

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  Je vois

  par la fenêtre

  haute la marée

  elle monte

  elle monte

  plus loin encore

 

  jusqu’au bout de sa peine

  quand d’épuisement à remonter

  en l’antre de son fleuve

  étale elle se fera

  elle reviendra sur ses vagues

  pour mourir encore un peu

  jusqu’au bout d’une peine à naviguer

 

 

Bénédiction

 

 

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Si de sa fleur océane

elle vous signe du destin

de son eau douce

elle vous submerge

à tout jamais

elle vous plonge

dans un toujours

 

Bénédiction

 

Ce Grand Bleu

ça se sent

intensément

ça se ressent

ça ne s’invente pas

ça arrive comme ça

naturellement

ça nous tombe dessus tout tendrement

ça nous émeut profondément

ça nous enveloppe sublimement

ça nous chavire passionnément

ça nous dodeline tout le dedans

ça nous réchauffe tout l’intérieur

ça nous cajole toutes les heures

ça nous enflamme les regards

ça nous soude deux petits cœurs

ça nous fait la vie

ça nous fait vivant

ça nous fait vivre

ça nous fait tout le bien

ça nous fait tout le temps

ça nous fait l’amour éternellement

ça nous fait l’amour infiniment

ça nous fait l’amour divinement

ça nous fait l’amour tout simplement…

 

Bénédiction

 

Depuis Elle glissée sur Nous

depuis Elle coulée en Moi

je surfe sur cette Grande Bleue

ma Providence

mon Immensité

mon Océan

 

 

 

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À bout de moi

en vain

je tente de me poser sur une page blanche

blanche   blanche   blanche   comme les parois embuées

par mon souffle   court    chaud    évaporé

dans cette bulle de verre étanche où je me suis emmurée

tellement ce tourment fort me dévore tout l’intérieur 

 

J’ai la voix en otage

un silence qui me tranche l’espace

à me couper de moi-même

 

Reste une toute petite trace de moi

de tous ces mots que je n’écrirai pas

 

À ma place

je reste là

derrière

clandestine et pudique

moi qui n’ai pas le droit

moi qui doute au plus fort

qu’un jour

je saurai vraiment être sans toi

 

Quand même

et malgré tout

je reste là

derrière

invisible

absente

secrète

muette

mais tellement totalement

totalement   totalement   totalement   ivre de toi

à en mourir

à en mourir

à en mourir

tellement

tellement

tellement

tu me manques

tu me manques

tu me manques

 

Mais je suis là

t o t a l e m e n t    i v r e   d e   t o i . . .

 

 

 

 

2007_08200176 Rivière tonnerre

 

 

 

   Par la fenêtre

   ton doux visage 

 

   mes yeux te contemplent de fond en comble

   ma bouche savoure toute la prose de ta voix

   je n’entends plus que l’autre côté de ta présence 

   je ne sais plus de mes sens 

   non plus de mes non-sens

   si près de loin

   je tremble de toi

   je t’effleure du bout de mes doigts

 

   sans bruit

   je t’aime follement à perpétuité pour des éternités

 

 

En dépit de nos deux corps déracinés

tout existe

les palpitations amarrées à  notre  rêve

le courant entre nos rives

les battements de  notre  cœur

la fusion de nos flammes

nous brûlons dans la lumière

De glace

 

 

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    Par tant_temps de froidure

    tel l’écho d’une tempête suspendu à un vide

 

    sur le seuil usé par les hivers si rudes

    rester de glace